Vins bio du Jura : les vins Cartaux en conversion vers la viticulture biologique

En route pour la certification !

Sébastien Cartaux, vigneron indépendant, conduit depuis des années l’exploitation du domaine Cartaux-Bougaud de manière raisonnée. Depuis 2019, les vins Cartaux passent la vitesse supérieure et œuvrent à leur certification bio, une étape importante pour notre domaine que nous sommes heureux de pouvoir partager avec vous en entrant dans notre deuxième année de conversion !

Pour les cultures dites « pérennes » dont la vigne fait partie, cette période de conversion est fixée à 3 ans : elle permet un nettoyage en profondeur des sols et une phase de transition nécessaire pour intégrer les modifications de l’ensemble du système de production qu’impose le passage en bio.
Cette période démarre dès lors que le vigneron notifie son activité auprès d’un organisme certificateur. Il s’engage à partir de ce jour à respecter rigoureusement les principes du cahier des charges européen de production biologique.

Pourquoi le label « AB » n’apparaît pas sur nos bouteilles ?

Même si, dans les faits, la culture de nos vignes et toutes les étapes de vinification, sont d’ores et déjà conformes à la certification bio, la commercialisation sous la mention AB n’est autorisée qu’à l’issue des 3 années de conversion vers la viticulture bio.

Lors de la saison 2019, nous avons démarré notre démarche de conversion auprès d’ECOCERT, l’organisme chargé de délivrer notre certification en 2022, à l’issue des 3 années de transition. Pendant cette période, ECOCERT réalise plusieurs contrôles chaque année, sur rendez-vous mais aussi de manière inopinée. L’organisme certificateur peut également réaliser une analyse de sol ou de végétal à des fins de contrôle.

Mais au juste, faire du vin bio, c’est quoi ?

La mention AB est très encadrée au niveau réglementaire, à l’échelon européen et national. Jusqu’en 2012, le cahier des charges européen de l’agriculture biologique se limitait à encadrer la production de raisins biologiques, c’est-à-dire se cantonnait au travail du sol et de la culture de la vigne. Le vin bio n’était jusque-là que du « vin issu de raisins de l’agriculture biologique ». En 2012, un nouveau cahier des charges européen est créé encadrant quant à lui la vinification biologique.

Ce nouveau règlement européen datant du 8 février 2012 définit des règles de vinification qui ont pour objectif de respecter le plus possible la véritable nature du produit et son authenticité. Cela s’inscrit totalement dans la démarche qui est déjà la nôtre lorsque nous créons nos vins avec l’amour du terroir et la passion pour la tradition viticole qui est la nôtre.

Une culture évitant les intrants de synthèse

Concrètement le cahier des charges ainsi défini visent à interdire l’utilisation de toute matière synthétique issue de l’industrie chimique, qu’il s’agisse du traitement des vignes, l’entretien et la fertilisation des sols.
Ainsi par exemple, les traitements contre le mildiou et l’oïdium, sont réalisés avec des produits basiques homologués en agriculture biologique : bouillie bordelaise associée au souffre mouillable et à d’autres composés naturels tel que les huiles essentielles d’agrume, le talc, les tisanes de prèle, de consoude, etc. qui ont des pouvoirs asséchant complémentaires permettant d’éviter les intrants chimiques.
Sur le domaine, l’entretien des sols se fait mécaniquement par le travail du sol, l’enherbement partiel et le travail des interceps (espaces au sol entre les ceps d’une vigne).
La fumure est issue de compost de fumier et de végétaux. Les bois de taille sont broyés sur le terrain. Nous pratiquons des semis d’engrais verts (trèfle, fèverole …) qui sont réintégrés au sol au printemps. Ces techniques de fertilisation nous permettent d’apporter de la matière organique et des éléments nutritifs pour garantir une production saine, des sols vivants et des raisins de qualités.

Pourquoi passer en bio ?

La filière viticole bio s’est fortement développée ces dernières années. Selon l’agence bio en 2016, la surface du vignoble cultivé en bio avait plus que triplé en 10 ans ! Nous nous réjouissons de participer à cette tendance d’ampleur du vignoble français. Si de plus en plus de viticulteurs font la démarche de certifier leurs domaines, c’est que, comme nous, ils ont à cœur de relever de nombreux défis qui s’annoncent pour notre métier et nos terroirs :

  • préserver l’environnement, notamment la qualité des sols et la pérennité de notre vignoble, à travers des pratiques permettant en particulier de gérer les adventices, de favoriser l’activité microbienne des sols, de lutter contre l’érosion ;
  • produire des raisins de qualité à l’aide des produits minéraux et naturels qui viennent remplacer les produits de synthèses, notamment pour une fertilisation et pour les mesures prophylactiques, de manière à répondre aux exigences gustatives, sanitaires et environnementales que nous partageons avec nos clients ;
  • préserver notre santé et celle de nos collaborateurs dans notre travail au quotidien.

La certification bio permet de s’engager dans une démarche réglementée et contrôlée, lisible par tous, c’est pourquoi cette démarche nous semble en parfaite cohérence avec notre éthique et notre façon de travailler.